La Belgique à la 7e place de l'indice européen de l'égalité de genre 2025
L'Institut européen pour l'égalité des genres (EIGE) publie aujourd’hui son Gender Equality Index 2025, dans lequel la Belgique obtient 68,5 points sur 100. Elle se classe ainsi au-dessus de la moyenne européenne qui s’élève à 63,4 points. Ce score place la Belgique en 7e position au niveau européen.
Une progression continue
La Belgique progresse de 4,9 points depuis 2020 et de 9,5 points depuis 2015, principalement grâce aux avancées réalisées dans les domaines du pouvoir et de l’égalité financière. La tendance est clairement positive : la Belgique améliore ses performances au fil du temps et creuse progressivement l’écart avec la moyenne européenne.
Résultats par domaine
- Le domaine le plus performant concerne l’utilisation du temps, qui couvre notamment la répartition des loisirs, des tâches ménagères ou des soins aux enfants. La Belgique obtient 76,3 points, ce qui la place en deuxième position du classement européen. Cependant, aucun progrès n’a été réalisé depuis 2020.
- Le domaine du pouvoir concerne la participation aux organes décisionnels (politique, conseils d’administration et autres organisations). C’est le domaine ayant engrangé les progrès les plus importants : +12,9 points depuis 2020. La hausse concerne l’ensemble des indicateurs. Les avancées les plus marquées concernent les ministres (55% de femmes ministres avant les élections de juin 2024, contre 31% en 2020), les gouvernements locaux/régionaux et les organisations sportives olympiques. Les progrès sont plus limités au niveau de la composition du Parlement et dans les conseils d’administration des entreprises cotées.
- Dans le domaine du travail, la Belgique obtient 69,1 points, score inférieur à la moyenne européenne. C’est le domaine dans lequel la Belgique occupe la moins bonne place du classement (19ᵉ place). La qualité du travail reste un défi important ainsi que la ségrégation sur le marché du travail, avec des secteurs à forte prédominance masculine ou féminine (STEM, soins de santé, éducation, etc.). Cette ségrégation se constate également dans la formation.
- Le domaine de la santé regroupe les indicateurs tels que l’espérance de vie en bonne santé, la consommation de tabac ou d’alcool ou l’activité physique. La Belgique se situe juste au-dessus de la moyenne européenne (86,3 points). Peu de progrès sont enregistrés depuis 2020 (+0,4%).
- La violence est un nouveau domaine mesuré dans le cadre du Gender Equality index. Contrairement au score général de l’Indice de l’égalité de genre – où un score plus élevé indique qu’un État membre est plus proche d’atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines – la mesure de la violence adopte l’approche inverse : plus le score est élevé, plus le phénomène de violence à l’égard des femmes est grave La Belgique obtient un score de 25,9 points, inférieur à la moyenne de l'UE (31,9%). 29% des femmes en Belgique ont subi des violences physiques et/ou des violences sexuelles à partir de l'âge de 15 ans.
- Les données indiquent que plusieurs stéréotypes de genre restent répandus en Belgique, souvent à des niveaux supérieurs à la moyenne européenne. Davantage d’hommes que de femmes considèrent, par exemple, que les hommes sont plus ambitieux en politique, ou qu’il est acceptable qu’un homme contrôle les finances de sa partenaire, avec une prévalence particulièrement élevée chez les 18-24 ans.
On observe également qu’une part importante de la population estime qu’une femme est au moins partiellement responsable si des images intimes d’elle sont diffusées sans consentement, un point de vue plus fréquent chez les générations plus âgées.
Dans d’autres domaines — comme le rôle des parents, la répartition des tâches domestiques ou la perception de l’égalité de traitement dans la santé et l’éducation — les résultats belges se situent globalement autour de la moyenne de l’UE, tout en révélant la persistance de normes traditionnelles. - Dans le domaine de l’égalité financière, la Belgique atteint 78,6 points, soit un score supérieur à la moyenne de l'UE. Toutefois, l'écart de pension entre les femmes et les hommes reste important (31 %).
Un bilan positif, mais une vigilance nécessaire face à la persistance des stéréotypes et à la banalisation de la violence de genre
Bien que la Belgique se positionne globalement mieux que la moyenne de l’UE et qu’elle ait réussi à creuser l’écart par rapport à 2020, des défis subsistent, notamment en matière de ségrégation sur le marché du travail, d’écart de pension, ainsi que de violence à l’égard des femmes ou de stéréotypes de genre.
Les résultats de l’Indice 2025 montrent que certaines formes de violence et de contrôle dans les relations restent tolérées en Europe, surtout chez les jeunes hommes. La Belgique n’échappe pas à cette tendance : plusieurs stéréotypes de genre y sont encore largement présents, parfois plus qu’ailleurs, en particulier chez les jeunes.
Si d’autres indicateurs liés aux rôles parentaux, aux tâches domestiques ou à l’égalité de traitement se situent autour de la moyenne européenne, ils témoignent néanmoins du maintien de normes traditionnelles.
Ces résultats soulignent l’importance d’intensifier les efforts de prévention, d’éducation et de sensibilisation afin de déconstruire les stéréotypes de genre et de prévenir toutes les formes de violence à l’égard des femmes.
Pour en savoir plus, consultez le rapport complet sur le site web de l'EIGE.
À noter : en 2024, la Belgique affichait 76,1 points dans l’ancienne méthodologie, ce qui la plaçait au cinquième échelon européen. La différence s’explique par la refonte méthodologique en 2025 (nouvelle pondération, ajout du domaine « Violence », passage à une échelle 0-100). Malgré ce changement, la tendance reste positive : +4,9 points depuis 2020.