Évaluation actualisée et rationalisée des risques de violences entre partenaires, en vue de prévenir les féminicides et les homicides fondés sur le genre
La violence entre partenaires reste un problème sociétal grave et répandu, qui peut, dans ses formes les plus extrêmes, conduire au féminicide (intime). La nature et la dynamique de cette violence évoluent en outre constamment, notamment sous l’effet de phénomènes tels que le contrôle coercitif et la violence facilitée par les technologies, ce qui rend parfois les risques moins visibles.
Parallèlement, les services de police (de première ligne) sont, dans la pratique, confrontés à des situations complexes dans lesquelles une évaluation rapide et cohérente des risques est cruciale en vue de prévenir l’escalade et de protéger les victimes.
Au cours des dernières années, plusieurs initiatives et outils ont par ailleurs été développés à destination des services de police en matière d’évaluation et de gestion des risques, ce qui constitue un progrès important, mais renforce également la nécessité d’une plus grande harmonisation et rationalisation.
Afin de répondre à ces enjeux, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a formulé des recommandations visant à actualiser et rationaliser l’évaluation des risques liée aux violences entre (ex-)partenaires réalisée par les services de police, en accordant une attention particulière à la prévention des féminicides. Ces recommandations reposent sur une recherche axée sur la pratique concernant l’actualisation des facteurs de risque, menée à la demande de l’Institut et s’appuyant sur des outils ainsi que sur des connaissances existantes issues tant de la recherche scientifique que de la pratique.
Dans ce contexte, l’Institut a formulé les recommandations suivantes :
- Veiller à une harmonisation entre les différents niveaux de compétence et les acteurs concernés afin de garantir un cadre actualisé, rationalisé et facile à utiliser pour l’évaluation des risques. Veiller également à intégrer les connaissances récentes relatives aux facteurs de (haut) risque de féminicide dans les outils existants, avec une attention particulière notamment au contrôle coercitif et à la violence facilitée par la technologie ;
- Considérer l’évaluation des risques comme un processus dynamique et contextuel, associé à une gestion structurelle des risques ;
- Renforcer la formation, l’expertise et les capacités de la police et de la justice ;
- Intégrer une perspective de genre et intersectionnelle, en tenant compte des inégalités structurelles et des vulnérabilités accrues ;
- Élargir et ancrer l’évaluation ainsi que la gestion des risques à d’autres contextes professionnels et formes de violences basées sur le genre.
Par ces recommandations, l’Institut souhaite contribuer à une approche plus cohérente et plus efficace dans la lutte contre la violence entre (ex-)partenaires ainsi qu’à la prévention des féminicides et des homicides fondés sur le genre.