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Le documentaire 'The Sessions' met en lumière les répercussions émotionnelles et juridiques des violences sexuelles

Press Release Type : Communiqué de presse

À partir du 30 septembre, le documentaire belge 'The Sessions' sera projeté dans les cinémas et les centres culturels. La réalisatrice Sien Versteyhe suit une jeune étudiante dans son accompagnement psychologique au sein d’un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS). Le film montre de près le processus de rétablissement et le parcours juridique. L’actrice et musicienne Sarah Vandeursen, qui a elle-même été victime de violences sexuelles dans son enfance, soutient le projet en tant qu’ambassadrice. "The Sessions montre l’impact des violences sexuelles. En comprenant mieux ce phénomène, on peut aussi mieux réagir lorsqu’une personne souhaite en parler. Et cela est vraiment important", affirme-t-elle. Selon une enquête nationale menée par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH), 40 % des femmes et 19 % des hommes déclarent avoir déjà été victimes de violences sexuelles avec contacts physiques (hands-on).

'The Sessions' met en lumière, de manière respectueuse et intime, l’impact des violences sexuelles

"À voir absolument" (NRC), "Une plongée impressionnante dans la tête d’une victime" (De Volkskrant). 'The Sessions' a déjà reçu un accueil chaleureux aux Pays-Bas après sa première internationale au Festival international du film documentaire d’Amsterdam (IDFA). Le documentaire sera également diffusé dans notre pays cet automne. À partir du 30 septembre, 'The Sessions' sera projeté dans les salles de cinéma et les centres culturels. Un kit pédagogique sera également développé pour accompagner la projection du documentaire, par exemple dans les établissements scolaires, sous la houlette de Dalton Distribution.

'The Sessions' propose un regard intime sur la vie après des violences sexuelles. La réalisatrice Sien Versteyhe a suivi une jeune femme pendant ses séances de thérapie post-traumatique au CPVS de Flandre orientale. En dehors du local de thérapie, elle tente de poursuivre le cours de sa vie : étudier, travailler, entretenir des relations amicales. Mais sous cette apparente normalité se déroule un processus intense, tant sur le plan mental que juridique. 'The Sessions' s’inscrit ainsi dans une urgence sociétale plus large. Ces dernières années, plusieurs affaires concernant des violences sexuelles ont suscité de vives réactions de l’opinion publique : des acquittements très controversés aux dossiers récents qui ont remis sur le tapis les questions de l’administration de la preuve, du consentement, de la reconnaissance et des sanctions. À chaque fois, la même tension refait surface : les victimes perçoivent les faits et leur impact comme déterminants pour leur vie, tandis que la procédure judiciaire tourne souvent autour de ce qui peut être prouvé et de ce qui est considéré comme une preuve suffisante. 

"Le fossé entre l’impact profond sur les victimes et le parcours juridique semé d’embûches alimente chez beaucoup de personnes un sentiment d’impunité apparente. C’est très difficile pour les victimes", affirme la réalisatrice Sien Versteyhe. Elle a souhaité réaliser ce documentaire afin de donner une image nuancée de cette problématique, souvent présentée de manière trop simpliste ou stéréotypée. Elle souhaite également montrer l’impact des violences sexuelles, mais aussi leurs conséquences juridiques. "Chez la femme que j’ai suivie également, on voit clairement à quel point ce parcours est compliqué et combien il est difficile d’apprendre que son affaire est classée sans suite. C’est un deuxième coup dur sur le plan psychologique. Je ne veux pas dire par là que tou·te·s les auteur·e·s doivent être mis·es derrière les barreaux. Mais il y a encore beaucoup à améliorer dans la manière dont la justice communique, tant envers les victimes qu’envers les médias. Nous devons également oser réfléchir à d’autres moyens d’apporter reconnaissance et réparation à la victime, tout en explorant des formules permettant à l’auteur·e d’assumer ses responsabilités."

Les CPVS ont pris en charge plus de 5000 victimes en 2025

De nouveaux chiffres publiés par les CPVS révèlent qu’ils ont pris en charge plus de 22.500 victimes entre 2017 et 2025, dont environ 5.000 rien que l’année dernière. Pour la plupart des victimes, l’auteur·e est une personne qu’elles connaissent, par exemple une personne avec qui elles habitent, un·e (ex-)partenaire, un·e ami ou une connaissance (62 %). L’âge moyen des victimes est de 24 ans et 90 % d’entre elles sont des filles et des femmes.

Le documentaire met également en lumière le rôle de la prise en charge spécialisée. Les CPVS offrent aux victimes un accompagnement médical, psychologique et médico-légal en un seul et même lieu, dispensé par des équipes spécialement formées à cet effet. Ils donnent également la possibilité de porter plainte auprès d’inspecteur·rice·s violences sexuelles formé·e·s dans ce but. La Belgique compte aujourd’hui dix Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles. Cet automne, trois CPVS supplémentaires ouvriront leurs portes à Halle-Vilvoorde (Bruxelles), Mons (Tournai) et dans le Brabant wallon (Ottignies). Les victimes peuvent s’y rendre gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour bénéficier de toute l’aide spécialisée dont elles ont besoin à un seul endroit, sans obligation de porter plainte ; leur rythme et leurs choix sont au cœur de l’approche. 

"En tant que société, nous avons déjà parcouru un long chemin ces dernières années afin de mieux gérer les violences sexuelles", déclare Liesbet Stevens, directrice adjointe de l’IEFH. "Nous mettons davantage l’accent sur la prévention, l’accompagnement des victimes et une meilleure collaboration entre la police, la justice, les services de santé et l’enseignement. Mais il y a certainement encore matière à amélioration dans notre approche des violences sexuelles. Il faudrait notamment accorder davantage d’attention à l’impact considérable des procédures judiciaires qui s’éternisent. Dans le documentaire, on voit une jeune femme qui prend elle-même les choses en main pour en savoir plus sur son dossier. Il serait par exemple préférable que les victimes soient contactées de manière proactive et informées, de façon humaine et compréhensible, des progrès réalisés dans leur dossier."

L’ambassadrice Sarah Vandeursen : "Tout le monde connaît quelqu’un qui a subi des violences sexuelles"

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une enquête nationale menée par l’IEFH, 40 % des femmes et 19 % des hommes déclarent avoir déjà été victimes de violences sexuelles hands-on. L’une d’entre elles est Sarah Vandeursen, actrice et musicienne, qui est également l’ambassadrice du documentaire. Par son engagement, elle souhaite contribuer à une plus grande ouverture sur ce sujet. "Je veux m’investir pleinement pour ce documentaire : je pense que tout le monde devrait le voir", explique Sarah Vandeursen. "Car il est essentiel de comprendre à quel point le processus de rétablissement après des violences sexuelles est complexe et pourquoi il est si important que les victimes soient écoutées, crues et bien entourées. Ce n’est qu’à partir de cette compréhension que l’on pourra mieux réagir si quelque chose arrive à quelqu’un de notre entourage. Car tout le monde connaît quelqu’un qui a subi des violences sexuelles. Peut-être que vous ne savez pas de qui il s’agit, parce que la personne elle-même ne veut ou n’ose pas en parler, mais cela arrive à tant de personnes."

Sarah a elle-même été violée à l’âge de 9 ans par un homme qu’elle ne connaissait pas. Il lui a fallu des années pour pouvoir se l’avouer et le reconnaître. En 2023, elle s’est sentie prête à partager son histoire ouvertement, afin de rendre ce sujet plus abordable pour les autres. "Pendant près de trente ans, j’ai refoulé ce viol. Des mots comme « victime » et « viol » sont empreints d’une telle charge émotionnelle. Tant que je ne nommais pas les faits moi-même, il n’était pas nécessaire d’en parler. Je comprends donc très bien à quel point c’est difficile et à quel point il est essentiel de mieux comprendre cette réalité. J’espère qu’en tant que société, nous apprendrons à mieux percevoir les conséquences des violences sexuelles sur une personne, et que les décideurs politiques accorderont également à ce sujet l’attention et la priorité qu’il mérite."

Le dossier de presse ci-joint contient des informations sur les CPVS et des photos.