Mutilations génitales féminines

Définition

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit les mutilations génitales féminines comme étant des « interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou tout autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques ».

Législation

Sur le plan légal, la Belgique dispose depuis novembre 2000 d'une loi condamnant les mutilations génitales féminines. Cette loi a introduit un article 409 dans le Code pénal, sanctionnant d'une peine d'emprisonnement de trois à cinq ans « quiconque aura favorisé toute forme de mutilation des organes génitaux d'une personne de sexe féminin, avec ou sans consentement de cette dernière ». La tentative est également punissable.

Depuis juillet 2014, la loi permet de punir aussi les personnes qui incitent à cette pratique ou qui en font de la publicité.

Statistiques

Selon les estimations de l’OMS, 100 à 140 millions de femmes et de filles vivant à travers le monde subissent les conséquences de mutilations génitales féminines, et 3 millions de filles risquent chaque année d'être victimes de ces pratiques préjudiciables.

Selon une récente étude, au 31 décembre 2012, 48 092 femmes et filles dont la nationalité (d’origine ou actuelle) est celle d’un pays où se pratique l’excision vivaient en Belgique. Parmi ces filles et femmes, 13 112 sont 'très probablement déjà excisées' et 4 084 sont 'potentiellement à risque d’excision'.

Conséquences

Les conséquences immédiates et à long terme sont considérables, tant sur le plan physique et sexuel que psychologique, et en dépit des justifications sociologiques, médicales, religieuses, culturelles, psychosexuelles, esthétique, rien ni personne ne peut justifier le recours à une telle pratique.

Approche

Depuis 2010, la lutte contre les mutilations génitales féminines fait explicitement partie du Plan d’Action National, qui se concentre sur la prévention et les soins globaux apportés aux victimes.

Plusieurs organisations de la société civile travaillant sur le terrain sont soutenues financièrement par l’ensemble des niveaux de pouvoir afin de mener des actions de prévention, de sensibilisation et de formation auprès des communautés concernées en Belgique. Un processus collectif et participatif pour l’analyse de l’action s’est notamment mis en place en Fédération Wallonie-Bruxelles: Stratégies concertées de lutte contre les mutilations génitales féminines. Le Vlaams Forum Kindermishandeling (Forum flamand maltraitances infantiles) a créé un groupe de travail consacré aux mutilations génitales féminines.

Dans la pratique, les professionnels peuvent éprouver des difficultés lorsqu’ils sont confrontés à un cas de mutilation génitale féminine. Dans ce cadre, un guide d’intervention pluridisciplinaire a été élaboré à destination des professionnels, par secteur d’activité.
Une brochure a également été rédigée spécifiquement afin d’informer les professionnels qui sont tenus au respect du secret professionnel et qui connaissent ou craignent des situations de mutilations génitale féminine.

Plusieurs organisations de la société civile ont mis au point un kit de prévention des mutilations génitales féminines. Ce kit de prévention a été conçu pour aider les professionnels de la santé (médecins, infirmières, sages-femmes), mais aussi les assistant-e-s sociaux ou les professions juridiques (les magistrats, les acteurs de la protection de l’enfance), souvent démunis et peu formés face aux situations délicates d’excision ou de risque d’excision.

En outre, depuis le 1er mars 2014, deux centres de référence (l'UZ Gand et le CHU St-Pierre) proposent une prise en charge multidisciplinaire des femmes excisées.

Voir aussi